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Publié le par sam_17

Echouage record de dauphins
:Agnès Lanoëlle



Biscarrosse. En trois jours, près de 80 dauphins se sont échoués sur le littoral atlantique
PHOTO AFP
Les vents forts de ces derniers jours ont ramené sur les côtes du littoral atlantique plusieurs dizaines de cadavres de dauphins. Entre le 18 et le 21 février, le Centre de recherche sur les mammifères (CRMM) de La Rochelle vient en effet de relever près de 80 petits cétacés appartenant à l'espèce la plus commune de dauphins vivant dans le golfe de Gascogne. Des dauphins bleu et blanc et des grands dauphins, espèces abondantes plus au large, ainsi que quelques marsouins (que l'on trouve essentiellement en bord de côte), ont été également repérés. Dans notre région, les animaux ont été découverts sur les plages des Landes (plus d'une trentaine), de Gironde (une vingtaine) et de Charente-Maritime (une dizaine), notamment sur les îles de Ré et d'Oléron. Les rivages de la Vendée ont également recueilli une vingtaine de cadavres.
Examinés par le réseau des correspondants du CRMM établi tout le long des côtes, les dauphins présentent souvent les mêmes signes de mortalité. Selon les premières observations, une majorité des petits cétacés présentaient des traces de capture accidentelle dues aux filets de pêche pélagique. Si l'échouage des mammifères marins est connu des observateurs depuis de nombreuses années, le phénomène de ces derniers jours atteint un pic particulièremet préoccupant. Au cours d'une année normale, le CRMM enregistre environ 200 échouages sur la façade atlantique, avec une pointe d'une dizaine pendant une semaine hivernale.


40 000 individus. A ce jour, l'observatoire rochelais ignore le nombre réel de cétacés morts dans des opérations de pêche. « Les vagues d'échouages ne peuvent donner qu'une vue partielle de ce qui se passe en mer », comme le rappelle Olivier Van Canneyt, coordinateur du Réseau national d'observation des échouages (RNE). « Les échouages sont l'expression à la côte d'un ensemble d'éléments qui se combinent en mer : la densité de dauphins présents, leur proximité du rivage, leur taux de mortalité naturelle et accidentelle, la force et l'orientation des vents et des courants qui portent les carcasses à la côte » souligne le spécialiste.
Les campagnes d'observation menées ces dernières années dans le golfe de Gascogne permettent de donner un ordre de grandeur de 40 000 individus. Mais pour Olivier Van Canneyt, il est temps de prendre la mesure du phénomène, qui reste anormalement élevé. « S'il est illusoire de fixer un objectif zéro de capture accidentelle, il est nécessaire de maintenir ces captures à un niveau qui permette au moins le maintien des populations de dauphins », estime le scientifique. Des solutions existent. Outre une meilleure connaissance de la densité des mammifères marins et de leur zone géographique, Olivier Van Canneyt tire aujourd'hui la sonnette d'alarme pour sensibiliser les professionnels de la pêche. Français et Anglais testent notamment de nouveaux filets permettant aux animaux de s'échapper, ainsi que des chalutiers équipés de systèmes de dissuasion acoustiques. « Des propositions qui s'inscrivent dans une démarche de gestion durable des écosystèmes marins et de leurs ressources », selon Olivier Van Canneyt.



Merci à Babarette pour avoir mis en ligne cet article du Sud-Ouest sur son forum
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